
C’est entre 1855 et 1860 que Monsieur Colin, nouveau propriétaire du vaste domaine d’Orveau (500 ha) fait agrandir et embellir le château. Il fait aussi construire des dépendances dont certaines subsistent encore : écuries, cuisines, sellerie... et embarcadère.
Dans les années récentes, les habitants de Nyoiseau, et même certains familiers d’Orveau, parlaient de lavoir. En réalité, il s’agit bien d’un embarcadère.
Il faut imaginer les élégantes, capelines claires et robes de mousseline, et les élégants, chapeaux melons et cannes à pommeau d’argent, pique-niquant dans l’herbe, à l’ombre d’un saule pleureur, et non loin de cet élégant ouvrage.
Pour se délasser et combattre la chaleur, tout ce beau monde embarquait dans de longues barques plates aux flancs desquelles venait battre, nonchalant, le ruisseau du Misengrain. En dix coups d’avirons, l’Oudon accueillait, dans ses larges méandres les « navigateurs » s’émerveillant sur l’onde qui, à cette époque « était transparente, ainsi qu’aux plus beaux jours ».
A l’aube du 21 ème siècle, l’embarcadère a bien du mal à tenir son rang. Les riches propriétaires d’alors ne sont plus. Lheure n’est plus aux fêtes, aux jeux, aux promenades. Bien que plus modeste, le a domaine » demande beaucoup de soins et d’entretien. L établissement scolaire qui l’occupe doit faire face à des priorités plus urgentes pour l’accueil des élèves. Il a été envisagé de raser l’embarcadère.
Mais peut-on aussi aisément faire table rase de notre histoire ? De surcroît, l’embarcadère s’inscrit dans un paysage que sa disparition rendrait quelconque. Nombre d’Orvaliens ont prié, médité, travaillé, somnolé à son ombre. Ils en ont gardé un souvenir tenace comme en témoigne le pictogramme ci-dessous, réalisé par Cyril Bonnier, ancien élève. Si l’embarcadère disparaissait, ce serait un peu d’Orveau qui disparaîtrait avec lui.

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